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Rouen n’a pas obtenu le titre de Capitale européenne de la culture 2028 : Bourges retenue

Laurent Roussel 6 min de lecture
Affiche « Rouen Seine Normande 2028 » : capitale européenne de la culture Rouen

Rouen a bien été candidate au titre de Capitale européenne de la culture pour 2028. Portée sous le nom de Rouen Seine Normande 2028, cette candidature a atteint la phase finale de sélection, mais le jury européen a finalement choisi Bourges. Le projet rouennais reste un repère utile pour comprendre l’ambition culturelle et territoriale de la vallée de Seine.

Rouen était-elle Capitale européenne de la culture en 2028 ?

Non. Rouen n’a pas obtenu le label pour 2028. La ville faisait partie des quatre finalistes françaises présélectionnées, aux côtés de Bourges, Clermont-Ferrand et Montpellier. À l’issue de la procédure, Bourges a été désignée Capitale européenne de la culture 2028.

Rouen et la Seine dans le cadre de la candidature Capitale européenne de la culture Rouen
Rouen et la Seine dans le cadre de la candidature Capitale européenne de la culture Rouen

Le verdict a été rendu en décembre 2023, après plusieurs étapes de sélection : dépôt d’un dossier final, visite du jury européen et grand oral. Rouen Seine Normande 2028 n’a donc pas été retenue, mais sa présence en finale montre la solidité du travail engagé par les collectivités, les structures culturelles, les artistes et les habitants mobilisés autour du projet.

Deux réalités sont à distinguer : Rouen n’est pas devenue Capitale européenne de la culture, mais elle a porté une candidature de grande ampleur. Celle-ci a créé des coopérations et posé une vision culturelle qui dépasse largement les limites administratives de la ville.

Ce que représente le label Capitale européenne de la culture

La Capitale européenne de la culture est un label attribué par l’Union européenne. Il distingue une ou plusieurs villes appelées à proposer, pendant une année, une programmation artistique et culturelle ouverte sur l’Europe. L’objectif n’est pas seulement d’organiser des événements : il s’agit de favoriser les rencontres entre citoyens, de valoriser le patrimoine, de soutenir la création et de transformer durablement un territoire.

Un concours fondé sur un projet, pas sur une réputation

Une ville candidate est évaluée sur la cohérence de son projet culturel, sa dimension européenne, son lien avec les habitants, sa capacité d’organisation et l’héritage envisagé après l’année du titre. Le jury européen examine donc autant la programmation imaginée que sa capacité à faire évoluer les pratiques culturelles, les coopérations locales et l’image du territoire.

Le label peut offrir une visibilité internationale considérable. Il encourage aussi les investissements culturels, les collaborations entre institutions et la découverte de quartiers ou de communes moins connus. Pour les visiteurs comme pour les habitants, l’enjeu est de faire de la culture un élément concret de la vie quotidienne, et non une succession d’événements réservés à un public déjà habitué.

Pourquoi la concurrence était particulièrement forte pour 2028

Pour l’édition française de 2028, quatre villes étaient encore en lice après la présélection : Bourges, Clermont-Ferrand, Montpellier et Rouen. Chacune défendait une identité, un territoire et une vision européenne distincts. Le choix final ne signifie pas qu’une candidature serait dépourvue de valeur : il reflète l’appréciation du jury à un moment donné, sur un dossier global et sur sa capacité à porter l’année culturelle attendue.

Rouen Seine Normande 2028 : une candidature à l’échelle de la vallée de Seine

Le principal trait distinctif de la candidature rouennaise était son périmètre. Rouen Seine Normande 2028 ne se limitait pas à Rouen : le projet s’étendait de Giverny au Havre, jusqu’à Honfleur. Cette géographie plaçait la Seine au centre du récit proposé, comme un axe de circulation, de mémoire, de travail, de création et de rencontres.

La démarche associait la Ville de Rouen, la Métropole Rouen Normandie, la Région Normandie, les Départements de l’Eure et de la Seine-Maritime, l’Agglomération Seine-Eure et Le Havre Seine Métropole. D’autres territoires de la vallée de Seine étaient également concernés, dans une logique de coopération entre villes, intercommunalités et lieux culturels.

La Seine comme lien concret entre les territoires

Le choix d’un territoire élargi répondait à une idée simple : une dynamique culturelle peut circuler entre les centres urbains, les ports, les paysages fluviaux, les villages, les friches et les sites patrimoniaux. Au lieu de concentrer l’attention sur un seul centre-ville, la candidature voulait relier des publics et des lieux qui ne travaillent pas toujours ensemble.

Ce qui se crée dans un lieu peut ainsi se propager vers d’autres rives, d’autres communes et d’autres publics. Cette logique est utile pour penser une programmation réellement accessible : elle suppose des transports adaptés, des horaires cohérents, une information partagée et des rendez-vous conçus pour donner envie de suivre un parcours culturel plutôt que de rester dans sa commune. C’est souvent dans cette circulation concrète que se mesure la portée d’un projet territorial.

Les ambitions portées par la candidature rouennaise

Rouen Seine Normande 2028 présentait la culture comme un levier de transformation durable. L’ambition ne consistait pas seulement à accroître la fréquentation des musées, salles de spectacle ou festivals. Elle visait à renforcer les liens entre patrimoine, création contemporaine, éducation artistique, participation citoyenne et attractivité du territoire.

Faire émerger un projet collectif et citoyen

La candidature reposait sur la mobilisation de nombreux acteurs : collectivités, associations, artistes, établissements culturels, entreprises et habitants. Des parrains et marraines issus de disciplines variées soutenaient le projet, parmi lesquels Thomas Pesquet, Philippe Torreton, Michel Bussi, Wax Tailor, Rilès ou encore Gaël Musquet.

Cette pluralité avait une importance particulière : un label européen ne se construit pas uniquement depuis les institutions, il doit être compris et approprié par les personnes qui vivent sur le territoire. La candidature avait ainsi vocation à valoriser des initiatives existantes, à faire connaître des lieux moins visibles et à encourager de nouvelles coopérations.

Changer le regard porté sur la Normandie urbaine et fluviale

La candidature mettait en avant une Normandie multiple : historique et industrielle, portuaire et rurale, patrimoniale et innovante. Le territoire de la Seine offre des paysages, des savoir-faire et des usages très différents. Cette diversité pouvait devenir une force culturelle, à condition de ne pas réduire le projet à l’image de Rouen seule.

L’enjeu était aussi européen. Une programmation de Capitale européenne de la culture doit créer des liens avec d’autres artistes, villes et citoyens du continent. Pour Rouen Seine Normande 2028, l’ouverture internationale devait compléter l’ancrage local : mieux faire connaître le territoire tout en invitant des regards extérieurs à participer à son récit.

Après le choix de Bourges, que reste-t-il de Rouen Seine Normande 2028 ?

La non-sélection de Rouen ne fait pas disparaître le travail réalisé. Une candidature de cette nature produit des dossiers, des réseaux, des habitudes de coopération et une vision commune qui peuvent continuer à nourrir les politiques culturelles locales. L’héritage réel dépend ensuite de la capacité des partenaires à poursuivre certains projets, même sans le cadre du label.

Repère Ce qu’il faut retenir
Projet Rouen Seine Normande 2028
Territoire De Giverny au Havre, jusqu’à Honfleur
Finalistes françaises Bourges, Clermont-Ferrand, Montpellier et Rouen
Résultat Bourges a obtenu le titre pour 2028
Héritage possible Coopérations culturelles, valorisation des lieux et mobilisation territoriale

Pour suivre les suites données à cette dynamique, les habitants peuvent consulter les publications de la Métropole Rouen Normandie, de la Région Normandie et des collectivités partenaires. Même sans le titre de Capitale européenne de la culture, l’idée d’une vallée de Seine unie par des projets culturels reste un horizon concret pour le territoire.

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